Rêver pour gagner

cropped-Coolman_Lucie.jpgÀ l’école, je ne cessais pas de rêver aux chevaux. J’en dessinais partout sur mes cahiers. J’avais des photos de poneys, des chevaux qui sautent. C’était inné, l’amour des chevaux et du sport. J’en rêvais tout le temps “.

Cette talentueuse cavalière et entraîneur se nomme Lucie Corbeil. Ouverte, à l’aise et très sympatique, Lucie s’est hissée depuis 1993 parmi les meilleurs cavaliers et cavalières en saut d’obstacles au Canada. À ce niveau, dans ce milieu très restreint où chaque compétiteur n’a qu’un but : décrocher sa place au sein de la prestigieuse équipe Canadienne qui représente le pays sur la scène internationale.

Dès ses premières leçons de saut d’obstacles, elle rêve de se ” retrouver un jour sur les terrains de concours avec les meilleurs cavaliers , dont Ian Millar et bien d’autres “. Rêve impossible ? A première vue oui…quand on ne connaît pas la détermination de Lucie.

Originaire de Rouyn Noranda, son père avait une boutique d’articles de sport, ils étaient tous des sportifs dans la famille. Elle participait à des compétitions de ski alpin en descente, ballon panier, badminton et natation et un peu d’équitation western. Un jour à l’âge de 14 ans, une amie lui dit qu’elle suivait des cours d’obstacles dans une petite écurie classique. Elle y est allée immédiatement, et c’est là qu’elle a eu la piqûre.” Dans la région de Noranda, il y a une trentaine d’années, nous n’étions qu’une poignée de farfelus à pratiquer l’équitation classique à la ferme de M. Guy Carle. Plus j’en faisais, plus je voulais en faire, même si les conditions n’étaient pas idéales…”.

Malgré son jeune âge, elle a de la volonté notre Lucie. Même les hivers rudes de l’Abitibi ne l’arrêtent pas. A son arrivée à l’écurie, elle et ses amies doivent pelleter des sentiers dans la neige, des diagonales et des cercles car il n’y a pas de manège intérieur ! ” On n’avait pas d’obstacles au début, alors on faisait des bancs de neige glacés qu’on peinturait en rouge et en vert pour pouvoir sauter “. D’ailleurs, mon tout premier obstacle a été la clôture du paddock ! On ne connaissait pas nos distances et c’était plutôt casse-cou, mais on a appris à se tenir à cheval et avoir du plaisir. Après le cours, on enlevait la selle et on les attelait pour partir en randonnée, je passais tellement de temps au grand air avec les chevaux, je dormais dans la voiture à mon retour.

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Ingénieuse et autonome, Lucie paie plusieurs cours d’équitation, grâce à l’idée qu’elle a eu de louer à d’autres son tout nouveau vélo 10 vitesses, une rareté dans la région. L’affiche qu’elle place devant le garage ” Tour de bicyclette 50 cents ” lui amène des clients tout l’été et lui permet d’amasser des sous pour pratiquer son sport. Donc adolescente, elle avait en elle le goût des chevaux et des grands espaces. D’autre part, elle avait aussi du talent en dessin. Lorsqu’elle n’était pas à cheval, elle dessinait. Elle rêvait qu’un jour elle serait au studio de Walt Disney…elle se demandait de quel côté se diriger.

Un jour, elle voit une annonce de Yorkshire Riding Center qui recrute des cavaliers de tous les pays pour des sessions d’entraînement et l’obtention d’un certificat d’entraîneur en Angleterre. A ce moment, elle doit choisir entre La Pocatière ou l’Angleterre. Lucie à seize ans et demi et les défis ne lui font pas peur, elle opte donc pour l’Europe. C’est là qu’elle a commencé à côtoyer des grands cavaliers comme Nick Skelton, les frères Whitaker et Harvey Smith, et les beaux concours hippiques. Elle a donc été immédiatement plongée dans ce qu’elle voulait faire. Pour une jeune de 17 ans de l’Abitibi, voir passer la chasse à courre les dimanches matin à l’aube dans la brume, les chiens et les dames anglaises montant en amazone, c’était quelque chose. Elle s’entraîne six jours semaine à l’obstacle et perfectionne son dressage sur d’excellents chevaux, en plus des cours de régie.

Confirmée dans sa décision et confiante en ses possibilités, elle quitte l’Abitibi définitivement pour la région de Montréal, où elle décroche son premier emploi d’instructeur aux écuries Lacasse à Terrebonne. En 1982, elle devient le premier entraîneur au Québec à être certifié niveau II par la FEQ, elle avait de plus en plus d’excellents résultats avec ses élèves. Les années passent et Lucie Corbeil est de plus en plus reconnue et recherchée. Et petit à petit, Lucie la rêveuse, celle qui se tenait “sur le bord des clôtures” pour écouter les conseils des grands se fraye un chemin dans le milieu. Ian Millar est toujours un de ses favoris, accessible et bien présent dans sa vie puisque depuis 1992 elle s’entraîne régulièrement à Millar Brooke Farm et avec Ian sur les terrains de concours. À partir du mois de septembre 2014, Lucie a passé 3 mois chez la cavalière Olympique Jill Henselwood (Juniper Farms).

Lucie est devenue en 1997 notre première athlète féminine Québécoise à être membre de l’Équipe Équestre Canadienne en saut d’obstacles avec Diorella, et à porter le fameux veston rouge. De plus nommée Entraîneur et Athlète par excellence en saut d’obstacles au Québec en 1993, elle détient le niveau d’instructeur de l’Angleterre et aujoud’hui le niveau III de la Fédération Équestre du Canada. Depuis l’Abitibi, des rêves d’enfance, des merveilleux voyages et beaucoup de chemins parcourus, aujourd’hui une solide expérience se retrouve sous la selle de Lucie et elle est toujours bien accessible pour passer son expérience et ses précieux conseils.

En plus de performer elle même, elle réussit également à amener ses élèves au succès à tous les niveaux. Elle adore enseigner aux débutants, jeunes et adultes jusqu’au niveau avancé et bien faire passer ses connaissances aux cavaliers qui démontrent le plaisir de vouloir apprendre.

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Texte de : Jocelyne Lortie “Pas de deux communications”

Biographie de Lucie Corbeil “RÊVER POUR GAGNER” Courrier Hippique FEQ

Texte et Sujet: Récipiendaire du Prix de la Presse.